Ressources Tunisie

Liste des prisonnières politiques récentes, par ordre alphabétique :

+++ = alliés — = pas copains ??? = à voir

Sihem Bensedrine

+++ Sihem Bensedrine

Jaouhar Ben Mbarek

+++ Jaouhar Ben Mbarek : (wikipédia) Considéré comme un opposant aux décisions prises par le président Kaïs Saïed le 25 juillet 2021 relatives à la suspension de l’Assemblée des représentants du peuple et à la dissolution du gouvernement, qu’il qualifie de « coup d’État contre la Constitution » et qui ouvre une crise politique, il est l’un des fondateurs de l’initiative démocratique connue sous le nom de « Citoyens contre le coup d’État » et l’un des dirigeants du Front de salut national. Un article : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/02/24/tunisie-l-opposant-jawhar-ben-mbarek-condamne-a-six-mois-de-prison_6218394_3212.html

Le militant du Front de salut national s’est vu refuser le droit élémentaire de prendre la parole pour assurer sa défense. https://www.laradiodessansvoix.org/post/tunisie-justice-exp%C3%A9ditive-pour-jaouhar-ben-mbarek

+++ Ghazi Chaouachi, 61 ans, ancien député emprisonné

— Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes. Certains, qui auraient dû être libérés après avoir purgé leur peine, comme les journalistes Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes emprisonnés depuis mai 2024 et condamnés à huit mois de prison pour atteinte à l’ordre public, ont vu leur détention prolongée dans le cadre d’une autre affaire

— l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, condamnée à deux ans de prison à cause de déclarations médiatiques. Avocate s’exprimant régulièrement dans les médias, collègue de Borhen Bsaies et Mourad Zeghidi dans l’émission quotidienne populaire « Emission Impossible » sur la station de radio privée IFM

+++ Mustapha Djemali, âgé de 80 ans et en détention depuis mai 2024 pour avoir supposément participé à l’hébergement illégal de migrant·es. https://www.businessnews.com.tn/a-80-ans-mustapha-djemali-paie-le-prix-de-la-solidarite-envers-les-refugies,520,144600,3

+++ Houssem Hajloui, militant des droits de l’homme, journaliste et ingénieur en informatique. L’activiste est incriminé pour des publications postées sur Facebook entre 2020 et 2023. En l’occurrence, il s’agit de commentaires, de textes, et de clip musicaux partagés sur sa page sur le réseau social. Certaines de ces publications critiquent la démarche de Kais Saied, d’autres concernent l’approche répressive du ministère de l’Intérieur et de l’appareil policier lors de la pandémie du Corona, ainsi que la répression des manifestations de jeunes, sous le gouvernement Mechichi. Dans d’autres publications, Houssem exprime son soutien pour le journaliste Haythem Mekki. En outre, l’activiste a partagé le clip « El-Boulissya kleb » (les flics sont des chiens) du rappeur tunisien Weld El-15. https://nawaat.org/2024/05/18/houssem-hajloui-emprisonne-collusion-de-la-police-et-du-procureur/

+++ Haythem El Mekki : Chroniqueur à Mosaique FM https://www.aljazeera.com/news/2023/5/22/police-question-two-tunisian-journalists-after-controversial-show

+++ Sadiaa Mosbah, militant·e en prison depuis plus d’un an. Présidente de l’association antiraciste Mnemty. https://www.laradiodessansvoix.org/post/tunisie-l-arrestation-de-la-militante-saadia-mosbah-soul%C3%A8ve-des-doutes

— Abir Moussi, l’opposante politique et présidente du Parti destourien libre (PDL), fait l’objet d’accusations dans deux autres affaires portées contre elle par l’ISIE. Elle est l’une des seules à avoir encore un parti politique en exercice

+++ Rached Tamboura. Arrêté le 17 juillet 2023 après avoir réalisé un graffiti dénonçant le racisme d’État envers les immigrés subsahariens, le jeune artiste Rached Tamboura purge actuellement une peine de deux ans de prison. Il est devenu le symbole d’une répression invisible s’abattant sur la jeunesse du pays, bien au-delà des cercles d’opposants politiques, et qui reprend de plus belle avec l’annonce de la tenue d’une élection présidentielle le 6 octobre 2024. https://orientxxi.info/magazine/tunisie-rached-tamboura-ou-la-banalite-de-la-repression,7486

Rached Tamboura (28 ans) est artiste et étudiant en calligraphie arabe à Tunis. La police l’a arrêté dans la nuit du 17 au 18 juillet 2023 à la suite d’un signalement de la délégation de Monastir, et maintenu en détention pendant deux jours dans l’attente d’une enquête sur une série de graffitis qu’il avait réalisés et qui critiquaient le président Kaïs Saïed en raison de propos tenus par ce dernier en février 2023 visant les migrant·e·s subsahariens, propos qui avaient déclenché une vague de haine et de racisme ayant conduit à des expulsions massives et des attaques contre des migrant·e·s et des Tunisien·ne·s noirs.

Voir “compléments d’infos” sur : https://www.amnesty.be/veux-agir/agir-individus/reseau-actions-urgentes/article/artiste-rached-tamboura-incarcere-critique-president

https://www.laradiodessansvoix.org/post/tunisie-le-graffiti-qui-a-co%C3%BBt%C3%A9-deux-ans-de-libert%C3%A9-%C3%A0-rached-tamboura

+++ militant Khayam Turki

+++ Mehdi Zagrouba, un avocat arrêté et molesté ; https://www.laradiodessansvoix.org/post/torture-pr%C3%A9sum%C3%A9e-d-un-avocat-l-association-tunisienne-des-jeunes-avocats-porte-plainte

+++ Mourad Zeghidi, condamné à huit mois de prison en juillet dernier pour trouble à l’ordre public et atteinte à un fonctionnaire, aurait dû sortir de prison samedi 11 janvier, ayant purgé sa peine.

Plusieurs :

mots-clés L

Des idées qu’on peut insérer dans le texte :

- documentation des crimes de l'Etat par l'IVD

- Kais a ouvert les portes permettant une large répression

- à l'internationale, le soutien ne viendra pas des gouvernants : l'Europe se sert de la Tunisie pour repousser les migrants

- critique de la prétention à la souveraineté, Kais fait passer les mesures du FMI

- des pourris qui ne s'emmerdent pas et miment les apparences d'une démocratie pour s'arroger le droit de nuire aux vies de celles et ceux qui les contrarient
- des accusations sans fondements, parodies d'enquête, passage de décrets permettant l'arbitraire, repousser les garde fous existant censés préserver les libertés
- marcher avec lui, se faire petit, ou être contre lui
- une partie des institutions qui fonctionne toujours, malgré ça. (Tout n'est pas mauvais, mais leur nullité est masquée). Une population et des employés crédules
- une mauvaise gestion, qui requiert des boucs émissaires
- une situation mondiale pas rassurante, qui n'a aucune leçon à donner, et qui ne peut être sollicitée pour faire pression.
- une multiplicité d'abus tous les uns plus graves que les autres, que peut bien faire une entorse en plus ?

Slogans :

- les Etats c'est du cacao
- libérez nos camarades
- régularisez les sans papiers
- à bas l'état les flics et les fachos / un sur l'état policier ou les keufs

Texte que l’on souhaiterait diffuser 1

L’exercice du pouvoir par Kaïs Saïed continue d’ensevelir les espoirs portés par les tunisien-nes pendant la révolution de 2011. Nous déplorons l’emprisonnement de centaines de personnes dont le dénominateur commun est d’avoir exprimé une opposition au régime.

Et il en faut peu pour froisser le pouvoir tunisien. Qu’il s’agisse de commentaires superficiels ou d’arguments politiques motivés, Kaïs Saied met tout ce monde au pas grâce aux largesses auxquelles sont familiers les gouvernements autoritaires. // La réponse prend des proportions démesurées amenant à des arrestations et à de la prison ferme.

Un tournant répressif permis par le détournement de la consitution pour s’arroger les pleins pouvoir, sans la mise en place du Conseil Constitutionnel censé servir de garde fou. La révocation de 57 magistrats qui auraient pu exercer un contre-pouvoir par un décret le 1er juin 2022, ainsi que le placement des juges, achève la soumission de l’ensemble de l’appareil judiciaire.

[L’ambivalance des démocratures encourage toutefois à préserver des apparences de démocratie, même si de moins en moins tant le fascisme se diffuse et éprouve les seuils d’acceptabilité à l’échelle mondiale.]

Les gouvernements d’Europe comme la France ou l’Italie ne déconceront pas cette montée de l’autoritarisme, comme ces pays profitent des forces tunisiennes pour maintenir à distance les migrants renvoyés en Lybie par un circuit documenté (https://statetrafficking.net/) comme étant de la traite d’êtres humains par l’Etat. En empochant 250 millions d’euros par an, la Tunisie devient ainsi un sous-traitant des politiques européennes hostiles aux migrant-es. [Les frontières tuent]

La lutte contre la corruption ou contre le terorrisme, les menaces à la souveraineté de l’Etat, sont des motifs récurrents et suffisamment fourre-tout pour permettre l’enfermement sur des soupçons et non des preuves. De nombreuses personnes sont ainsi placées en détention préventive en l’attente d’un jugement, sans en justifier de la nécessité. {éviter de nouvelles infractions, comme une garantie de l’exécution de la peine ou comme un moyen d’assurer la sûreté de l’information}

Enquêtes et éléments à charge sont manquants durant les 14 mois de rétention précédent le jugement. [suite à une éventuelle libération passés ces 14 mois, il suffit d’invoquer une autre affaire pour remettre en prison la personne dans les mêmes conditions, donc sans jugement ni preuves]

Les durées longues de ces emprisonnements sans jugement portent en elles la conviction de culpabilité des accusé-es, renversant la présomption d’innocence. Il n’est donc plus question de justice, mais de [torture|séquestration|répression] à usage politique. Le jugement, s’il survient après les 14 mois qui sont la durée maximale théorique de la détention préventive ne vient que confirmer l’arbitraire des décisions qui ont déjà été prises.

En voici quelques illustrations.

Rached Tamboura a ainsi été arrêté le 17 juillet 2023 pour avoir insinué dans des graffitis que Kaïs Saïed, ayant repris dans son discours officiel la rhétorique nauséabond des zemmouriens de France, était raciste et fasciste. [En France la peine maximale pour diffamation publique est une amende de 45000€. Ici, il ne s’agit même pas de diffamation puisque des observations montrent que c’est factuel, entrainant pourtant 2 ans de prison ferme.]

Mustapha Djemali, âgé de 80 ans et en détention depuis mai 2024 pour avoir supposément participé à l’hébergement illégal de migrant·es.

Sihem Bensedrine

Jaouhar Ben Mbarek ?

[ Le texte fait des constats qui ont déjà été faits 1000 fois, peut-être devrait-on ajouter la question de comment agir ] genre une adresse de contact ? un lien vers les sites d’info ? pétition ? proposer d’écrire des lettres pour dénoncer l’exercice du pouvoir, à destination du consulat ? Ça, Amnesty et les autres le font déjà bien. Plutôt foutre la pression, de la perturbation. J’ai en tête une scène au Liban, où les gens ont envahi et zbeulé des bâtiments officiels, en jetant les dossiers par les fenêtres des immeubles administratifs. Je ne suis plus sûr du contexte, mais ça faisait peut être suite à l’explosion au Nitrate qui a eu lieu au port de Beyrouth, car ça montrait que l’Etat n’en a rien à foutre des habitants qui vivent à proximité et au delà https://www.watson.ch/fr/international/liban/334248875-les-emeutes-se-multiplient-a-beyrouth-un-an-apres-l-explosion [ou bien était-ce ça ? Ici, ça parle plus généralement d’austerité :] https://www.infolibertaire.net/tripoli-liban-quatrieme-nuit-demeute-les-batiments-des-autorites-incendies/#/

[On peut aussi ptet mettre une phrase pour dire : oui la corruption et … sont des problèmes, mais il faut un ensemble de conditions pour que lutter contre soit possible.] oui ça m’a fait bizarre aussi à la lecture. C’est pour ça les ("). Peut-être en trouvant un autre terme que “flou”. Ou formuler quelque chose dans la conclusion flou -> fourre-tout

Texte que l’on souhaiterait diffuser 1 (version 2)

En Tunisie ce n’est pas le printemps

L’exercice du pouvoir par Kaïs Saïed, l’actuel président, continue d’ensevelir les espoirs portés par les tunisien·nes pendant la révolution de 2011. Nous déplorons l’emprisonnement de centaines de personnes dont le dénominateur commun est d’avoir exprimé une opposition au régime.

Et il en faut peu pour froisser le pouvoir tunisien. Qu’il s’agisse de commentaires superficiels ou d’arguments politiques motivés, Kaïs Saied met tout ce monde au pas par les outils de répression auxquelles sont familiers les gouvernements autoritaires. La réponse prend des proportions démesurées amenant à des arrestations et à de la prison ferme.

Un tournant répressif est pris lorsque Saïed dissous le Conseil supérieur de magistrature, l’organe de supervision judiciaire indépendant qui protège les juges de l’influence du gouvernement. Le 1er juin 2022, il prends le décret-loi n° 2022-35 qui lui permet de révoquer arbitrairement 57 juges et procureurs qui auraient pu exercer un contre-pouvoir et qui ne seront pas réintégrés par la suite, ce qui achève la soumission de l’ensemble de l’appareil judiciaire.

[L’ambivalance des démocratures encourage toutefois à préserver des apparences de démocratie, même si le fascisme se diffuse de plus en plus et éprouve les seuils d’acceptabilité à l’échelle mondiale.]

Les gouvernements d’Europe comme la France ou l’Italie ne dénonceront pas cette montée de l’autoritarisme, comme ces pays profitent des forces tunisiennes pour maintenir à distance les migrants renvoyés en Lybie. Ce circuit est documenté comme étant de la traite d’êtres humains par l’Etat*. En empochant 250 millions d’euros par an, la Tunisie devient ainsi un sous-traitant des politiques européennes hostiles aux migrant·es. Les frontières tuent.

La “lutte contre la corruption” ou “contre le terorrisme”, les “menaces à la souveraineté de l’Etat”, et la “diffusion de fausses informations” sont des motifs récurrents et suffisamment fourre-tout pour permettre l’enfermement sur des soupçons et non des preuves. De nombreuses personnes sont ainsi placées en détention préventive en l’attente d’un jugement, sans en justifier de la nécessité. Cette détention peut durer jusqu’à 14 mois. Passé ce délai, il suffit à l’État d’invoquer une autre affaire pour remettre en prison la personne dans les mêmes conditions, donc sans jugement ni preuves.

Les durées longues de ces emprisonnements sans jugement portent en elles la conviction de culpabilité des accusé-es, renversant la présomption d’innocence. Il n’est donc plus question de justice, mais de séquestration et de répression à usage politique. On peut même parler de torture.

Rached Tamboura a ainsi été arrêté le 17 juillet 2023 pour avoir insinué dans des graffitis que Kaïs Saïed, ayant repris dans son discours officiel la rhétorique nauséabond des zemmouriens de France, était raciste et fasciste.

Mustapha Djemali, âgé de 80 ans, est en détention depuis mai 2024 pour avoir supposément participé à l’hébergement illégal de migrant·es.

Sihem Ben Sedrine est détention préventive depuis le 1er août 2024 suite à une plainte l’accusant d’avoir falsifié le chapitre sur la corruption dans le secteur bancaire inclus dans le rapport final de l’Instance Vérité et Dignité (IVD). L’IVD a enquêté sur les violations des droits humains commises par l’État tunisien entre 1955 et 2013, transmettant un rapport dans lequel sont poursuivis plus de 1000 responsables sécuritaires.

Jaouhar Ben Mbarek, opposant de gauche à Kaïs Saïed et co-fondateur du Front de salut national, est arrêté le 24 février 2023 pour une affaire de complot contre la sûreté de l’Etat. Le 24 février 2024, il est condamné par un tribunal de Tunis à six mois de prison pour avoir qualifié les législatives de 2022 de “coup d’État ridicule”.

Beaucoup d’autres personnes sont enfermées sans raison, parfois sans jugement. Contestons cette justice mise au service du pouvoir, éxigeons la liberté pour les prisonnier·ères, pour les activistes.

À bas l’État, les flics et les fachos !

*Un rapport intitulé State Trafficking (« Traite d’État »), présenté le 4 février au Parlement européen, accuse la Garde nationale et l’armée tunisiennes de vendre des exilé·es noir·es à des réseaux criminels libyens. Un collectif de chercheur·es ont recueillis trente témoignages auprès d’Africain·es expulsé·es de la Tunisie vers la Libye. De ces témoignages concordants, il ressort que, sous couvert de lutter contre la « migration illégale » vers l’Union européenne, certains services tunisiens pratiquent de façon organisée la vente d’êtres humains à la frontière. https://statetrafficking.net/

Texte pour Sihem 1

Sihem Bensedrine est aujourd’hui en grève de la faim pour recouvrer sa liberté. · Elle refuse cette parodie de justice qu’est son incarcération, au risque de sa vie et avec la détermination qu’on lui connait. · Elle est punie pour avoir tenu à mener à son terme sa mission à la tète de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), l’autorité chargée du processus de justice transitionnelle par la Tunisie révolutionnaire, soutenue par les instances Onusiennes. · Avec ses collègues (également objet de tracasseries judiciaires et administratives), ils ont surmonté les obstructions et entraves insidieuses déployées par les nostalgiques de la dictature et résisté aux incessantes attaques calomnieuses qui leur ont aliéné une partie importante de l’opinion. · Sihem Bensedrine est punie par les promoteurs de l’impunité pour les tortionnaires et leurs complices, ceux qui veulent enterrer les 205 affaires enrôlées auprès des chambres criminelles spécialisées en justice transitionnelle et incriminant près de 1500 fonctionnaires. · Les mêmes persistent à refuser justice et réparations aux dizaines de milliers de victimes de la dictature. · Leurs campagnes pour discréditer les recommandations de l’IVD visent à rejeter leur mise en œuvre aboutissant à réformer l’Etat et démanteler les organes du despotisme. · Ils cherchent à perpétuer un récit officiel intoxicant l’espace mémoriel. · Le combat de Sihem Bensedrine pour sa liberté peut être gagné avec le concours de tou.te.s ; il est aussi vrai que le legs de l’instance Vérité et Dignité, en dépit des salissures, restera une référence incontournable lors de l’inéluctable restauration de l’ordre révolutionnaire et démocratique qui exige l’implication du plus grand nombre.

Texte pour Sihem 2

Cela fait 6 mois que Sihem est en prison, et 10 jours qu’elle mène une grève de la faim. Présidente de l’IVD, l’Instance Vérité et Dignité, le fruit de son travail a été transmis aux institutions et publié, avec la validation de ses pairs, selon les modalités qui étaient prévues par la constitution ré-écrite à la chute de Ben Ali. Quelles réponses les autorités ont-elles données à ce rapport ? Remettre en cause une infime partie de ce rapport permet d’ignorer l’ensemble de son contenu, et en fin de compte, de décrédibiliser tout le travail accompli non seulement par les membres de l’IVD mais par toutes les personnes victimes du régime auprès de qui la parole a été recueillie. 6 mois, cela fait beaucoup pour une enquête aux éléments maigres et non communiqués. Bien trop, comme l’on sait que le harcèlement envers elle et ses collègues remonte à bien au delà. Aucune preuve, aucune analyse, aucune compréhension à discuter. Juste l’arbitraire. Plutôt que de retourner à la case départ, servons-nous des leçons du passé : contestons cette justice mise au service du pouvoir, éxigeons la liberté pour les prisonniers, pour les activistes, et pour Sihem.

[reprise texte Sihem 2]

Cela fait 6 mois que Sihem Ben Sedrine est en prison. Le 14 janvier dernier, date d’anniversaire de la révolution tunisienne, elle entame une grève de la faim pour protester contre son incarcération injuste et arbitraire.

Sihem a présidé l’Instance Vérité et Dignité, créée après la révolution de 2011. L’IVD a enquêté sur les violations des droits humains commises par l’État tunisien entre 1955 et 2013, transmettant un rapport dans lequel sont poursuivis plus de 1000 responsables sécuritaires. Quelles réponses les autorités ont-elles données à ce rapport ?

L’ONG Human Rights Watch affirme que les institutions gouvernementales tunisiennes ont entravé le travail de l’IVD(1). Les autorités tunisiennes ont de plus en plus recours à des lois autoritaires, formulées en des termes vagues, qui servent de prétextes pour réprimer ou pour arrêter des membres de l’opposition, enquêter sur ces personnes et les poursuivre en justice(2). —> on pourrait parfois se référer à cette ONG, mais on pourrait plutôt parler en notre nom propre

Réprimer les personnes critiques à l’égard du pouvoir permet aussi à l’État tunisien de continuer à soutenir un discours de haine et xénophobe, présentant la migration comme une menace. L’Organisation Mondiale Contre la Torture(3) dénonce en 2024 la criminalisation et la détention arbitraire des personnes en déplacement (mineur.es inclu.es !), la déportation vers la Libye ou l’Algérie (16 503 personnes entre janvier et novembre 2024), les violences et usage excessif de la force, les violences sexuelles et basées sur le genre, la torture et mauvais traitements, les pratiques deshumanisantes lors du franchissement des frontières (des personnes exilées repoussées par les autorités tunisiennes en plein désert), traite d’êtres humains (enlèvements contre rançon, exploitation par le travail…). —> on peut dire beaucoup de choses sur les problèmes sociétaux et les luttes, et donc y’aurait pas mal de dégats chiffrés qu’on pourrait lister, mais ici je crois qu’on devrait se concentrer sur la libération des “prisonniers politiques” (ou parler de ce qui est en amont et a permi ces emprisonnements, donc le système, l’autoritarisme.). Il faudrait par ailleurs mieux cerner ce qu’on défend dans ce tract : la justice transitionnelle ? la fermeture des prisons ? (la liberté de circulation ?) Les discours de Saïed sur la migration, c’est plutôt la conséquence/ce qui résulte, de l’accord de fermeture entre la Tunisie et l’Europe, et peut-être d’autres choses : migrants boucs émissaires pour la situation économique du pays (taux de chomage et niveau de vie), racisme anti-noirs interiorisé depuis les temps coloniaux… Donc si on en parle, faudrait voir comment ça s’articule avec la question de la libération des prisonniers.

Remettre en cause une infime partie du rapport de l’IVD permet d’ignorer l’ensemble de son contenu, et en fin de compte, de décrédibiliser tout le travail accompli non seulement par ses membres mais par toutes les personnes victimes du régime auprès de qui la parole a été recueillie.

6 mois d’enfermement, cela fait beaucoup pour une enquête aux éléments maigres et non communiqués [aucune preuve dans les accusations portées]. Bien trop, comme l’on sait que le harcèlement envers elle et ses collègues remonte à bien au delà. Aucune preuve, aucune analyse, aucune compréhension à discuter. Juste l’arbitraire.

contestons cette justice mise au service du pouvoir, éxigeons la liberté pour les prisonniers, pour les activistes, et pour Sihem.

(1) Tunisie : L’Instance Vérité et Dignité décrit des abus commis durant des décennies, 5 avril 2019 (hrw.org) (2) En Tunisie, l’inquiétante dérive autoritaire de Kaïs Saïed [actuel président], 21 juillet 2023 (amnesty.fr) (3) Les routes de la torture vol n°3, 8 janvier 2025 (omct.org)

(le texte en taille de police 12 tient sur 1 pages 1/2 en A5, donc possible d'ajouter des précisions et une p'tite image)

(un bout freestyle éloigné du sujet)

Les démocraties ont-elles déjà été démocratiques ? De façon de plus en plus visible, l’écart se creuse entre notre vision idéalisée des démocraties, et ce que les gouvernements mettent en pratique. Devrait-on parler de dérives autoritaires, quand les les réformes ne font qu’accroitre la violence à renforts de nouvelles technologies répressives, et d’austerité alimentant notre peur d’être déclassé, nous montent compétitivement les uns contre les autres pour préserver des emplois, des salaires ou des aides sociales avec quelques miettes de privilèges.

Au contraire, nous devrions conclure que l’autoritarisme se normalise et fait partie du mode de fonctionnement normal des États, à tel point que des gouvernements d’extrême-droite se généralisent sur tous les continents, sans autre effet que d’offusquer et contrarier une gauche impuissante, trop habituée au cadre des dominants, et elle-même imprégnée des politiques droitières. Une gauche qui a trop peu d’atouts pour être considérée comme une alternative. L’extrême-droite, consciente de cette absence de contre-pouvoir, ne s’embarasse alors même plus du politiquement correct, elle est la principale source de divertissement dans les grands médias, et contamine le champ politique par l’étalage de ses idées absurdes dont l’omniprésence rend difficile leur déconstruction pour tous et toutes. Le pouvoir possède les recettes pour se perpétuer, même lorsqu’une révolution est passée par là. Il se préserve dans les institutions dont il est difficile de faire table rase. La population n’aspire à rien d’autre qu’un gouvernement démocratique, et c’est en même temps la seule option. Même si ça et là des pratiques autogestionnaires se mettent en place, par conviction ou nécessité.

Quand la Tunisie sort de la dictature, c’est donc pour suivre le même chemin que les autres démocraties, c’est à dire adopter l’apparence et les formes de la démocratie, posséder une dénomination et un président qui semblent plus respectables, mais sans le fond ni la cohérence, où peuvent être réintègrés peu à peu les mesures autoritaires qui arrangent le pouvoir en place.

L’espoir d’un renversement n’est en fait que le renversement de quelques symboles. Il faut que le dirigeant soit destitué pour qu’une victoire soit perçue et que la joie s’exprime dans les rues, comme ce fut le cas récemment en Syrie. Passée cette étape, l’incertitude et le flou permettent encore à tous les scénarios de se déployer. Il n’y a en fait pas de victoire, mais une lutte qui se poursuit.

Ces luttes sont diversifiées, et sont importantes quel que soit leur échelle ou le prestige qui leur est associé.

Alors que des cas d’ingérence, de corruption, de violences et de tortures ont été documentés et présentés par l’Instance Vérité et Dignité, sur une période longue qui répond à la nécessité d’imaginer le plateau sur lesquels Bourguiba, Ben Ali, les gouvernements et leurs alliés économiques ont


Justiceinfo.net, voir les articles sur la Tunisie

OrientXXI, voir les articles sur la Tunisie

Jeune Afrique, https://www.jeuneafrique.com/pays/tunisie/

Contexte Tunisie selon Amnesty https://www.amnesty.org/fr/location/middle-east-and-north-africa/north-africa/tunisia/ : Les autorités ont intensifié la répression de la dissidence et engagé des poursuites, sur la base d’accusations dénuées de tout fondement, contre des personnalités de l’opposition et d’autres personnes ayant critiqué le régime. Des parlementaires ont présenté une proposition de loi répressive menaçant les organisations de la société civile indépendantes. Des dizaines de manifestant·e·s pour la justice sociale et l’environnement ont été injustement poursuivis en justice. L’indépendance de la justice, l’obligation de rendre des comptes et le droit à un procès équitable ont continué d’être mis à mal. Le président a proféré des remarques racistes qui ont déclenché une vague d’agressions et d’arrestations visant des personnes noires. Les autorités ont multiplié les interceptions en mer et procédé à des renvois collectifs et massifs vers les zones frontalières avec l’Algérie et la Libye. La représentation des femmes au Parlement s’est réduite de moitié. Des personnes LGBTI et des défenseur·e·s des droits humains ont été harcelés et ont fait l’objet de campagnes haineuses en ligne. Les crises liées au coût de la vie et à l’environnement se sont aggravées et ont eu des conséquences directes sur l’accès à l’eau et à l’alimentation.

Des caricatures : https://www.debatunisie.com/ https://image.canalblog.com/fYkPCrK3nq5IKIG2Dc3F9fEFRSI=/filters:no_upscale()/image%2F1371150%2F20241005%2Fob_6d32de_presidentielle2024-blog.jpg

Chronologie ?

13 septembre 2024 : manifs en prévision des éléctions, et pour la libération des opposant-es détenues : https://www.laradiodessansvoix.org/post/tunisie-manifestations-massives-%C3%A0-l-aube-d-une-%C3%A9lection-contest%C3%A9e

[extraits press]

CI-DESSOUS, articles post-libération (> 19 février)

(Thèmes: prisonniers politiques, soulèvements et contestations) https://www.debatunisie.com/2025/02/la-tunisie-de-zabaied-reouvre-un-souk-aux-esclaves.html Contient des liens d’articles de Le Monde.

(Thèmes: prisonniers politiques, réactions, problèmatique bidon…) https://www.businessnews.com.tn/quatre-liberations-en-24-heures-le-regime-kais-saied-umanise-t-il,519,145426,3

CI-DESSUS, articles post-libération (> 19 février)

(Thèmes: migrants, égypte, lybie) Camps et torture en Lybie, un présentateur TV en Egypte se fait enlever. https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2025/02/egypt-authorities-must-immediately-reveal-whereabouts-of-egyptian-libyan-activist-nasser-al-hawari/

(Thèmes: migrants) 28 migrants ont été retrouvés dans une fosse commune près d’un centre de détention clandestin à Koufra, au sud-est du pays. (…) 76 migrants ont été libérés, affamés, balafrés, mais encore debout. Ils racontent les tortures, les coups, la terreur quotidienne. Des images circulent sur les réseaux, montrant des corps émaciés, brûlés, ravagés par la violence. La Libye, depuis la chute de Kadhafi en 2011, est devenue un gigantesque marché aux esclaves. Milices, mafias, flics ripoux : tout le monde y trouve son compte, sauf les damnés de la route migratoire. L’Europe, elle, ferme les yeux et finance les gardes-côtes libyens pour renvoyer les survivants dans cet enfer. https://www.leperepeinard.com/flash-info/fosse-commune-en-libye-la-realite-de-la-gestion-migratoire/ (Thèmes: journalisme, justice, prisons) Le journaliste tunisien Khalifa Guesmi, correspondant de la radio Mosaïque FM à Kairouan, a été remis en liberté mercredi 6 mars 2024. Cette libération fait suite à la décision de la Cour de cassation d’annuler sa condamnation à 5 ans de prison ferme. https://www.laradiodessansvoix.org/post/tunisie-lib%C3%A9ration-du-journaliste-khalifa-guesmi-apr%C3%A8s-annulation-de-sa-condamnation

(Thèmes: liberté de la presse/réseaux sociaux) Le journaliste et rédacteur en chef du journal Inhiyez, Ghassen Ben Khelifa, doit comparaître vendredi 5 avril 2024 devant le Tribunal de première instance de Tunis. Il est poursuivi dans une affaire de soupçon de terrorisme liée à un statut publié sur une page Facebook. https://www.laradiodessansvoix.org/post/tunisie-le-journaliste-ghassen-ben-khelifa-jug%C3%A9-pour-terrorisme-vendredi

(Thèmes: liberté de la presse) Audition qui avait l’air ubuesque. https://www.laradiodessansvoix.org/post/tunisie-pol%C3%A9mique-autour-de-l-audition-de-l-animatrice-radio-khouloud-mabrouk

(Thèmes: faux complot international, prison) Arrestations de personnalités de Ennahdha, de la coalition du Front de Salut National, de journalistes, de militants, sans liens les unes avec les autres, pour avoir conspiré à renverser Saïed avec l’aide de BHL ! Bochra Belhaj Hmida ; [aurait] joué un rôle d’« agent de liaison pour les services de renseignements français » et de contribuer à améliorer l’image du parti islamo-conservateur Ennahda auprès des responsables politiques l’opposante Chaïma Issa et l’avocat Lazhar Akremi, ont bénéficié d’une liberté conditionnelle. Le dossier d’instruction, qui repose en premier lieu sur les déclarations de XXX, est une sorte d’« arche de Noé », dénonce Chaïma Issa. « Le témoin anonyme a cité en vrac des personnes qui n’ont aucun lien entre elles et c’est devenu un texte sacré pour la justice tunisienne. Et depuis quatorze mois, il n’y a eu aucun élément de preuve ajouté, rien n’a été incorporé au dossier », constate l’opposante dans les colonnes du quotidien français, qui précise qu’ « Alors qu’ils sont au centre de l’affaire, les diplomates mentionnés n’ont pas été auditionnés par le juge d’instruction, selon les avocats de la défense. https://www.laradiodessansvoix.org/post/tunisie-des-opposants-des-journalistes-et-bhl-accus%C3%A9s-de-complot

(Thèmes: migrants, financement européen) Selon une enquête menée par des médias internationaux et le collectif de journalistes Lighthouse Reports, l’Europe contribue financièrement à l’abandon chaque année de « dizaines de milliers de personnes noires dans le désert. (…) La Commission européenne a reconnu mardi «une situation difficile» après la publication d’une enquête journalistique selon laquelle des dizaines de milliers de migrants ont été arrêtées et abandonnés en plein désert au Maroc, en Tunisie et en Mauritanie, avec le soutien financier de l’UE. https://www.laradiodessansvoix.org/post/selon-une-enqu%C3%AAte-l-ue-accus%C3%A9e-de-financer-l-abandon-de-migrants-dans-le-sahara

(Thèmes: journalisme, répression) Le SNJT réclame l’annulation du décret 54. https://www.laradiodessansvoix.org/post/journalistes-emprisonn%C3%A9s-en-tunisie-le-snjt-r%C3%A9clame-l-annulation-du-d%C3%A9cret-54

(Thèmes: refonte justice) Avec la Constitution de 2022, Kaïs Saïed a introduit une refonte totale du système politique qui va plus loin que tout ce qui avait pu être observé depuis l’indépendance. Désormais, ni les institutions ni leurs représentants n’ont de « pouvoir ». Tous assument des « fonctions ». La nuance est de taille : au terme du texte fondamental de … https://www.jeuneafrique.com/1611128/politique/a-tunis-leila-jaffel-confirme-sa-position-cle-dans-le-dispositif-de-kais-saied/

(Thèmes: répression, ennahdha) Affaire “Instalingo”, ici, juste une liste des grosses peines de prison prononcées par coutumace pour des responsables Ennahdha. https://www.jeuneafrique.com/1655243/politique/en-tunisie-rached-ghannouchi-des-responsables-politiques-et-des-journalistes-condamnes-a-de-lourdes-peines-de-prison/

(Thèmes: élections, manigances) Sur l’ISIE et le trafiquage des éléctions : https://www.middleeasteye.net/news/tunisia-election-authority-accused-supporting-saied-rivals […] it was hoped that the method used to select its appointments would guarantee its independence: officials are elected by a two-thirds parliamentary majority. But since Saied’s coup in August 2021, during which he granted himself full powers before reforming the constitution to establish an ultra-presidential system, the members of the electoral authority have been directly or indirectly chosen by the president. plus d’infos sur Farouk Bouasker : https://www.jeuneafrique.com/1403681/politique/en-tunisie-farouk-bouasker-lhomme-de-kais-saied-a-lisie/

(Thèmes : intimidation, avocats) Ils dénoncent l’utilisation abusive par le ministère de la Justice de “notes de travail” illégales pour modifier arbitrairement la composition des tribunaux, chambres et parquets. (faisant suite au limogeage de 57 juges par décret) https://www.laradiodessansvoix.org/post/abus-contre-avocats-et-juges-en-tunisie-l-onu-sonne-l-alarme

(Thème: migrants, traite) https://afriquexxi.info/Crimes-tuniso-libyens Un rapport intitulé State Trafficking (« Traite d’État »), présenté le 4 février au Parlement européen, accuse la Garde nationale et l’armée tunisiennes de vendre des exilé·es noir·es à des réseaux criminels libyens. Un collectif de chercheur·es anonymes1 présente, cartes à l’appui, trente témoignages recueillis entre juin 2023 et novembre 2024 auprès d’Africain·es expulsé·es de la Tunisie vers la Libye. De ces témoignages concordants, il ressort que, sous couvert de lutter contre la « migration illégale » vers l’Union européenne, certains services tunisiens pratiquent de façon organisée la vente d’êtres humains à la frontière. (…) En effet, la Tunisie est considérée par Bruxelles comme un « pays sûr » et elle reçoit des contreparties financières en échange de son implication dans la protection des frontières extérieures de l’Europe. Voir aussi : https://www.laradiodessansvoix.org/post/selon-une-enqu%C3%AAte-l-ue-accus%C3%A9e-de-financer-l-abandon-de-migrants-dans-le-sahara

(Thème: artiste, prison) — https://nawaat.org/2013/06/13/weld-15-recit-dun-proces-qui-tourne-mal/

(Thème : opposition, finances) https://www.mediapart.fr/journal/international/280125/

beaucoup d’associations font profil bas. « Parfois on nous demande des rapports d’activité sur quatre ans à rendre dans les quarante-huit heures. …»

Si les manifestations de l’opposition, de moins en moins fréquentées, sont encore autorisées, elles sont étroitement contrôlées et surveillées avec un déploiement sécuritaire rodé à chaque marche vers l’avenue Bourguiba, épicentre de Tunis et symbole des protestations pendant la révolution. Les militant·es de la société civile font l’objet de contrôles financiers sévères depuis plusieurs mois, des investigations fiscales ont été lancées depuis plus d’un an.

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2024/05/tunisia-authorities-must-end-erosion-of-judicial-independence/ Deux ans après la révocation sommaire de juges par le président, des magistrats continuent d’être harcelés, poursuivis en justice et privés de leurs droits. (…) Le même jour, il a annoncé la révocation de 57 juges et procureurs, accusant les magistrats, y compris des juges et procureurs de haut rang, d’obstruction aux enquêtes relatives au terrorisme, de corruption financière, de « corruption morale » ou d’« adultère ».

(Thème : opposition, liberté d’expression) https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250131-tunisie-inqui%C3%A9tudes-opposante-sihem-bensedrine-admise-hopital-r%C3%A9animation-gr%C3%A8ve-faim-kais-saied-repression « Le mode opératoire de la répression en Tunisie est tout à fait une restauration de la répression systémique que subissait le peuple tunisien durant la dictature de Ben Ali, poursuit-elle. Cet acharnement contre toutes les voix dissidentes, journalistes, magistrats, défenseurs des droits humains, opposants politiques (…) toutes ces manœuvres-là, on les a vues avec le régime de Ben Ali et elles sont en train de se reproduire aujourd’hui. Pire encore, nous pensons que Kaïs Saïed est en train de reproduire des formes de répressions empruntées aux dictatures les plus sanguinaires de la région, comme la dictature du maréchal al-Sissi en Égypte. »

(Thème : migrations) https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/02/22/en-tunisie-le-president-kais-saied-s-en-prend-aux-migrants-subsahariens_6162908_3212.html Le président tunisien, Kaïs Saïed, mardi 21 février « Il existe un plan criminel pour changer la composition du paysage démographique en Tunisie, et certains individus ont reçu de grosses sommes d’argent pour donner la résidence à des migrants subsahariens » (…) une rhétorique proche de la théorie du « grand remplacement » défendue par l’extrême droite en France et dans d’autres pays occidentaux.

(Thème : migrations + opposants et liberté d’expression) https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/tunisie-inquietante-derive-autoritaire-kais-saied Des centaines de personnes exilées, dont des enfants, ont été repoussées par les autorités tunisiennes en plein désert, à la frontière libyenne. Elles se retrouvent sans eau, ni nourriture, ni abri. Des propos haineux et racistes du chef de l’État tunisien qui ont ouvert la voie à une vague de violence anti-Noirs dans le pays. -> Vague d’arrestations d’opposants politiques. Menaces sur la liberté d’expression, avec l’adoption du décret-loi 54 qui vise officiellement à lutter contre la cybercriminalité, mais accorde en réalité aux autorités le pouvoir de réprimer les personens critiques à l’égard du pouvoir. Le 5 février 2022, Saïed dissous le Conseil supérieur de la magistrature, organe de supervision judiciaire indépendant, mis sur pied après la révolution de 2011 en Tunisie pour protéger les juges de l’influence du gouvernement.

(Thème : migrations) https://omct-tunisie.org/wp-content/uploads/2024/12/Faactsheet-Les-routes-de-la-torture-FR-OMCT-Volume-3-Pages.pdf La Tunisie a continué sa gestion de la migration fondée sur la sécurisation des frontières et la dissuasion des mouvements irréguliers, soutenues par un discours xénophobe présentant la migration comme une menace L’Etat tunisien a choisi de criminaliser la migration irrégulière, de détenir et de déporter massivement des personnes en déplacement arrêtées sur le sol tunisien, interceptées ou secourues en mer. L’organisation mondiale contre la torture (OMCT) confirme dans un rapport la responsabilité directe de l’État tunisien, par la violence exercée par ses flics, et les discours de haine et de xénophobie diffusés par le pouvoir. En 2024, les violations suivantes se poursuivait :

(Thème : migrations) https://www.mediapart.fr/journal/international/060723/tunisie-la-chasse-aux-africains-tourne-l-affrontement Des « milices parallèles » (groupes d’habitant.es organisés munis parfois de bâtons) en train de rassembler des migrants, le temps que les forces de l’ordre arrivent pour les expulser. « Il n’y a eu aucune prise de position publique ou formelle pour stopper ces groupes ». Plusieurs personnes migrantes auraient déjà trouvé la mort à la frontière, selon l’ONG Human Rights Watch (lire ici son communiqué), qui évoque la présence de 500 personnes aujourd’hui : « Différentes personnes interrogées, qui se trouvent sur place, disent que des hommes ont été abattus ou violentés par des gardes nationaux et des militaires. Une femme enceinte guinéenne a aussi perdu la vie en accouchant, tout comme son bébé. Il y a aussi des cas d’agression sexuelle et de viol commis sur des femmes dans cette zone, par des forces de sécurité tunisiennes ou des hommes libyens, alors qu’elles avaient traversé la frontière pour aller chercher à manger », rapporte Salsabil Chellali, directrice du bureau de Human Rights Watch à Tunis https://www.hrw.org/news/2023/07/06/tunisia-crisis-black-africans-expelled-libya-border

(Thème : migrations) https://nawaat.org/2024/05/23/reportage-a-la-frontiere-algerienne-ces-migrants-pieges-en-tunisie/ La situation actuelle dans la ville de Sfax et de ses alentours reflète encore une fois l’ampleur de la crise migratoire dans le pays (…). Le discours virulent et complotiste du président de la République, Kais Saied, concernant la présence des migrants irréguliers, attise les velléités racistes d’une partie de la population. La Tunisie ne sera pas une terre d’accueil ou de transit pour les migrants irréguliers, a martelé le chef de l’Etat lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale, le 6 mai. Une approche hypocrite. En réalité, la Tunisie est bel et bien un point de transit. La concentration des Subsahariens dans le gouvernorat de Sfax s’explique, notamment, par le fait que cet endroit est un point de départ pour les traversées vers l’île italienne de Lampedusa. Pour endiguer l’arrivée des migrants en l’Italie, la Tunisie a signé avec l’Union européenne, en juillet 2023, un “mémorandum d’entente sur un partenariat stratégique et global”. En vertu de cet accord, la Tunisie s’engage à lutter contre l’immigration irrégulière moyennant une enveloppe de 105 millions d’euros… l’accord signé entre l’UE et la Tunisie privilégie la réduction des flux migratoires, au détriment des droits humains les plus élémentaires.

(Thème : migrations) https://nawaat.org/2025/01/31/migrants-revirement-europeen-face-aux-exactions-de-la-tunisie/ À noter que la Tunisie a officialisé la création de sa zone de recherche et de sauvetage (SAR) le 19 juin 2024, dans le cadre d’une coopération renforcée avec l’Italie pour endiguer la migration irrégulière. Bien que présentée sous des motifs humanitaires, cette nouvelle zone SAR représente clairement une extension de l’approche sécuritaire de la gestion des frontières et de la migration en Méditerranée centrale. (…) Sur trente organisations de la société civile, l’OMCT a documenté au moins seize ayant été soumises à des contrôles financiers et administratifs. Neuf organisations ont signalé des restrictions d’accès à leurs comptes bancaires, allant jusqu’au gel des comptes pour trois d’entre elles, avec ou sans justification, à la suite d’une décision judiciaire. Quatorze organisations ont fait état de harcèlement policier, et onze d’entre elles ont subi des visites inopinées de la police, incluant des contrôles des activités et/ou des membres de l’équipe. (…) La charge la plus fréquente retenue est celle du blanchiment d’argent.