Texte pour Sihem 1
Sihem Bensedrine est aujourd’hui en grève de la faim pour recouvrer sa liberté. · Elle refuse cette parodie de justice qu’est son incarcération, au risque de sa vie et avec la détermination qu’on lui connait. · Elle est punie pour avoir tenu à mener à son terme sa mission à la tète de l’Instance Vérité et Dignité (IVD), l’autorité chargée du processus de justice transitionnelle par la Tunisie révolutionnaire, soutenue par les instances Onusiennes. · Avec ses collègues (également objet de tracasseries judiciaires et administratives), ils ont surmonté les obstructions et entraves insidieuses déployées par les nostalgiques de la dictature et résisté aux incessantes attaques calomnieuses qui leur ont aliéné une partie importante de l’opinion. · Sihem Bensedrine est punie par les promoteurs de l’impunité pour les tortionnaires et leurs complices, ceux qui veulent enterrer les 205 affaires enrôlées auprès des chambres criminelles spécialisées en justice transitionnelle et incriminant près de 1500 fonctionnaires. · Les mêmes persistent à refuser justice et réparations aux dizaines de milliers de victimes de la dictature. · Leurs campagnes pour discréditer les recommandations de l’IVD visent à rejeter leur mise en œuvre aboutissant à réformer l’Etat et démanteler les organes du despotisme. · Ils cherchent à perpétuer un récit officiel intoxicant l’espace mémoriel. · Le combat de Sihem Bensedrine pour sa liberté peut être gagné avec le concours de tou.te.s ; il est aussi vrai que le legs de l’instance Vérité et Dignité, en dépit des salissures, restera une référence incontournable lors de l’inéluctable restauration de l’ordre révolutionnaire et démocratique qui exige l’implication du plus grand nombre.
Texte pour Sihem 2
Cela fait 6 mois que Sihem est en prison, et 10 jours qu’elle mène une grève de la faim. Présidente de l’IVD, l’Instance Vérité et Dignité, le fruit de son travail a été transmis aux institutions et publié, avec la validation de ses pairs, selon les modalités qui étaient prévues par la constitution ré-écrite à la chute de Ben Ali. Quelles réponses les autorités ont-elles données à ce rapport ? Remettre en cause une infime partie de ce rapport permet d’ignorer l’ensemble de son contenu, et en fin de compte, de décrédibiliser tout le travail accompli non seulement par les membres de l’IVD mais par toutes les personnes victimes du régime auprès de qui la parole a été recueillie. 6 mois, cela fait beaucoup pour une enquête aux éléments maigres et non communiqués. Bien trop, comme l’on sait que le harcèlement envers elle et ses collègues remonte à bien au delà. Aucune preuve, aucune analyse, aucune compréhension à discuter. Juste l’arbitraire. Plutôt que de retourner à la case départ, servons-nous des leçons du passé : contestons cette justice mise au service du pouvoir, éxigeons la liberté pour les prisonniers, pour les activistes, et pour Sihem.
[reprise texte Sihem 2]
Cela fait 6 mois que Sihem Ben Sedrine est en prison. Le 14 janvier dernier, date d’anniversaire de la révolution tunisienne, elle entame une grève de la faim pour protester contre son incarcération injuste et arbitraire.
Sihem a présidé l’Instance Vérité et Dignité, créée après la révolution de 2011. L’IVD a enquêté sur les violations des droits humains commises par l’État tunisien entre 1955 et 2013, transmettant un rapport dans lequel sont poursuivis plus de 1000 responsables sécuritaires. Quelles réponses les autorités ont-elles données à ce rapport ?
L’ONG Human Rights Watch affirme que les institutions gouvernementales tunisiennes ont entravé le travail de l’IVD(1). Les autorités tunisiennes ont de plus en plus recours à des lois autoritaires, formulées en des termes vagues, qui servent de prétextes pour réprimer ou pour arrêter des membres de l’opposition, enquêter sur ces personnes et les poursuivre en justice(2). —> on pourrait parfois se référer à cette ONG, mais on pourrait plutôt parler en notre nom propre
Réprimer les personnes critiques à l’égard du pouvoir permet aussi à l’État tunisien de continuer à soutenir un discours de haine et xénophobe, présentant la migration comme une menace. L’Organisation Mondiale Contre la Torture(3) dénonce en 2024 la criminalisation et la détention arbitraire des personnes en déplacement (mineur.es inclu.es !), la déportation vers la Libye ou l’Algérie (16 503 personnes entre janvier et novembre 2024), les violences et usage excessif de la force, les violences sexuelles et basées sur le genre, la torture et mauvais traitements, les pratiques deshumanisantes lors du franchissement des frontières (des personnes exilées repoussées par les autorités tunisiennes en plein désert), traite d’êtres humains (enlèvements contre rançon, exploitation par le travail…). —> on peut dire beaucoup de choses sur les problèmes sociétaux et les luttes, et donc y’aurait pas mal de dégats chiffrés qu’on pourrait lister, mais ici je crois qu’on devrait se concentrer sur la libération des “prisonniers politiques” (ou parler de ce qui est en amont et a permi ces emprisonnements, donc le système, l’autoritarisme.). Il faudrait par ailleurs mieux cerner ce qu’on défend dans ce tract : la justice transitionnelle ? la fermeture des prisons ? (la liberté de circulation ?) Les discours de Saïed sur la migration, c’est plutôt la conséquence/ce qui résulte, de l’accord de fermeture entre la Tunisie et l’Europe, et peut-être d’autres choses : migrants boucs émissaires pour la situation économique du pays (taux de chomage et niveau de vie), racisme anti-noirs interiorisé depuis les temps coloniaux… Donc si on en parle, faudrait voir comment ça s’articule avec la question de la libération des prisonniers.
Remettre en cause une infime partie du rapport de l’IVD permet d’ignorer l’ensemble de son contenu, et en fin de compte, de décrédibiliser tout le travail accompli non seulement par ses membres mais par toutes les personnes victimes du régime auprès de qui la parole a été recueillie.
6 mois d’enfermement, cela fait beaucoup pour une enquête aux éléments maigres et non communiqués [aucune preuve dans les accusations portées]. Bien trop, comme l’on sait que le harcèlement envers elle et ses collègues remonte à bien au delà. Aucune preuve, aucune analyse, aucune compréhension à discuter. Juste l’arbitraire.
contestons cette justice mise au service du pouvoir, éxigeons la liberté pour les prisonniers, pour les activistes, et pour Sihem.
(1) Tunisie : L’Instance Vérité et Dignité décrit des abus commis durant des décennies, 5 avril 2019 (hrw.org) (2) En Tunisie, l’inquiétante dérive autoritaire de Kaïs Saïed [actuel président], 21 juillet 2023 (amnesty.fr) (3) Les routes de la torture vol n°3, 8 janvier 2025 (omct.org)
(le texte en taille de police 12 tient sur 1 pages 1/2 en A5, donc possible d'ajouter des précisions et une p'tite image)
(un bout freestyle éloigné du sujet)
Les démocraties ont-elles déjà été démocratiques ? De façon de plus en plus visible, l’écart se creuse entre notre vision idéalisée des démocraties, et ce que les gouvernements mettent en pratique. Devrait-on parler de dérives autoritaires, quand les les réformes ne font qu’accroitre la violence à renforts de nouvelles technologies répressives, et d’austerité alimentant notre peur d’être déclassé, nous montent compétitivement les uns contre les autres pour préserver des emplois, des salaires ou des aides sociales avec quelques miettes de privilèges.
Au contraire, nous devrions conclure que l’autoritarisme se normalise et fait partie du mode de fonctionnement normal des États, à tel point que des gouvernements d’extrême-droite se généralisent sur tous les continents, sans autre effet que d’offusquer et contrarier une gauche impuissante, trop habituée au cadre des dominants, et elle-même imprégnée des politiques droitières. Une gauche qui a trop peu d’atouts pour être considérée comme une alternative. L’extrême-droite, consciente de cette absence de contre-pouvoir, ne s’embarasse alors même plus du politiquement correct, elle est la principale source de divertissement dans les grands médias, et contamine le champ politique par l’étalage de ses idées absurdes dont l’omniprésence rend difficile leur déconstruction pour tous et toutes. Le pouvoir possède les recettes pour se perpétuer, même lorsqu’une révolution est passée par là. Il se préserve dans les institutions dont il est difficile de faire table rase. La population n’aspire à rien d’autre qu’un gouvernement démocratique, et c’est en même temps la seule option. Même si ça et là des pratiques autogestionnaires se mettent en place, par conviction ou nécessité.
Quand la Tunisie sort de la dictature, c’est donc pour suivre le même chemin que les autres démocraties, c’est à dire adopter l’apparence et les formes de la démocratie, posséder une dénomination et un président qui semblent plus respectables, mais sans le fond ni la cohérence, où peuvent être réintègrés peu à peu les mesures autoritaires qui arrangent le pouvoir en place.
L’espoir d’un renversement n’est en fait que le renversement de quelques symboles. Il faut que le dirigeant soit destitué pour qu’une victoire soit perçue et que la joie s’exprime dans les rues, comme ce fut le cas récemment en Syrie. Passée cette étape, l’incertitude et le flou permettent encore à tous les scénarios de se déployer. Il n’y a en fait pas de victoire, mais une lutte qui se poursuit.
Ces luttes sont diversifiées, et sont importantes quel que soit leur échelle ou le prestige qui leur est associé.
Alors que des cas d’ingérence, de corruption, de violences et de tortures ont été documentés et présentés par l’Instance Vérité et Dignité, sur une période longue qui répond à la nécessité d’imaginer le plateau sur lesquels Bourguiba, Ben Ali, les gouvernements et leurs alliés économiques ont
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